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France-Le gouvernement tente de renouer le dialogue avec les syndicats
information fournie par Reuters 12/12/2019 à 19:15

    * Philippe tend la main après le tollé syndical sur les
retraites
    * "L'âge pivot" de 64 ans ne passe pas
    * Laurent Berger regrette "une profonde erreur"
    * Le gouvernement prêt à discuter sur les mesures
d'équilibre
    * Les transports toujours très perturbés par la grève

 (Actualisé avec Philippe, Berger, syndicats, déclarations,
manifestations)
    PARIS, 12 décembre (Reuters) - "Discutons!" : le
gouvernement a tendu la main jeudi à la CFDT pour tenter de
renouer le dialogue sur le projet de réforme des retraites qui a
braqué l'ensemble des syndicats, y compris les centrales
réformistes désormais ralliées à une contestation toujours vive.
    Le syndicat de Laurent Berger, favorable au principe d'un
régime par points porté par l'exécutif, estime qu'une "ligne
rouge" a été franchie avec l'instauration progressive d'un "âge
pivot" à partir de 2022 pour atteindre 64 ans en 2027 afin
d'équilibrer financièrement le système.  
et 
    Partagé par l'Unsa et la CFTC, son désaccord complique la
donne pour l'exécutif, confronté à un mouvement de grèves qui
paralyse les transports depuis huit jours et menace de se
poursuivre pendant les fêtes de fin d'année. Le scénario de
1995, avec plus de trois semaines de grèves contre le plan
Juppé, s'insinue dans les esprits.
    "Je l'ai dit hier : ma porte est ouverte et ma main est
tendue", a écrit jeudi Edouard Philippe sur son compte Twitter.
"J'appellerai dès cet après-midi les leaders syndicaux et les
représentants des employeurs pour voir avec eux comment
reprendre rapidement le dialogue."
    Le Premier ministre a présenté mercredi un projet de réforme
avec des concessions à Laurent Berger, comme la prise en compte
de la pénibilité, l'introduction d'une pension minimale de 1.000
euros nets par mois ...mais la mesure paramétrique sur l'âge
d'équilibre a mis à bas l'édifice.  
    
    "FORMIDABLE GÂCHIS"
    "Voir que le compromis est à portée de main et le balayer
pour une question de dogmatisme budgétaire est une profonde
erreur", estime dans Les Echos Laurent Berger.
    "J'espère qu'on ne va pas dans le mur, en tout cas la CFDT
n'en portera pas la responsabilité, j'espère qu'on va aller vers
un apaisement et une rediscussion", a-t-il ajouté sur BFM TV,
appelant de ses voeux une réunion entre le Premier ministre et
"tous ceux qui veulent s'inscrire dans une réforme universelle
des retraites".
    L'économiste Antoine Bozio, qui a inspiré Emmanuel Macron
pour le système par points, regrette dans Le Monde un
"formidable gâchis"."Le gouvernement a réussi à obscurcir toutes
les avancées sociales possibles d’un tel système, pour mettre en
avant une mesure budgétaire", écrit-il dans une tribune.
    Dans une déclaration commune publiée jeudi, la CFDT, la
CFTC, l'Unsa et la FAGE, organisation étudiante, demandent que
le gouvernement apporte de nouvelles réponses à des "sujets
cruciaux pour les travailleurs" : pénibilité, retraite
progressive, minimum de pension, mesures pour les fonctions
publiques et les régimes spéciaux.
    Il y a "de la place pour la discussion, pour la négociation,
sur la pénibilité, sur les modalités pour parvenir à
l'équilibre", a assuré sur France 2 le ministre de l'Economie et
des Finances, Bruno Le Maire.
    "Si les partenaires sociaux se mettent d'accord sur autre
chose (pour parvenir à l'équilibre-NDLR), le gouvernement
écoutera les partenaires sociaux", a abondé le ministre de
l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, sur Europe 1.
    
    "L'ÂGE PEUT ÊTRE DISCUTÉ"
    Les options alternatives ne sont pas légion : baisse des
pensions, augmentation des cotisations patronales, hausse des
cotisations des salariés.
    "L'âge peut être discuté", a déclaré pour sa part la
ministre du Travail, Muriel Pénicaud, sur BFM TV.
    Selon le projet gouvernemental, la future gouvernance du
système, au sein de laquelle les partenaires sociaux occuperont
une place déterminante, sera chargée de définir les étapes
menant à l'âge d'équilibre du régime universel.
    "En l'absence de décision de la gouvernance, la loi fixera à
compter du 1er janvier 2022 un âge d'équilibre à 62 ans et
quatre mois, qui augmentera ensuite de quatre mois par an pour
rejoindre progressivement l'âge d'équilibre du futur système,
soit 64 ans en 2027", précise un document de Matignon.
    Des manifestations se sont de nouveau déroulées en France
jeudi, notamment à Paris, et même si l'affluence recule, la
détermination reste forte dans l'attente d'une nouvelle
démonstration de force mardi, à laquelle la CFDT se joint.
    "Je serai obligée de travailler plus longtemps pour avoir
une retraite convenable, c’est ce qui me choque le plus dans les
annonces d’Edouard Philippe. C’est pour ça qu’on manifeste",
témoigne Masha, 52 ans, secrétaire administrative à La Poste.
    "Même à 52 ans, on commence à être fatiguée. J’ai 1h30 de
transports tous les matins pour aller au travail. Je ne me vois
pas travailler jusqu’à 64 ans. L’argent il y en a, on peut
continuer avec notre régime actuel", ajoute-t-elle dans le
cortège parisien.
    
    Voir également :
    Les principaux points du projet de réforme des retraites
 

 (Caroline Pailliez, Marine Pennetier, Sophie Louet, édité par
Jean-Stéphane Brosse)
 

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2 commentaires

  • 12 décembre 16:51

    comment sont prises en comptes les heures supplémentaires? les primes ? le 13 VOIR LE 14 EME mois pour certain rétroactif des exemples simple mais précis qu on comprenne cette reforme et non rester dans le flux


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